Le journal te demande de voter oui…

Par Athénaïse de Fontenelle

Je voulais partager ma petite expérience de ce soir,  sur le site du Figaro où je passais comme ça en flânant avant d’éteindre l’ordinateur, internaute désormais semi-désœuvrée lisant les infos du jour sans chercher aucune information en particulier sinon en témoin non-systématique et très volontiers dilettante du spectacle du monde contemporain. Le fait n’est en rien original, on pourrait même s’amuser, si on en avait le temps, à en faire l’anthologie, de l’antiracisme à l’écologie en passant par l’Europe, le sida, les capotes du Pape, le Sahel et les bols de riz avalés pour faire comme tous les copains ; il me parait ici assez parlant et visuellement probant pour qu’on s’y arrête deux minutes.

Les faits. Je parcours la une de la version numérique du journal et tombe sur cette histoire d’aiguilleurs « dans la mire » de la Cour des comptes. Soit. Probablement une gabegie de plus, je ne connais ni ne m’intéresse trop au sujet, il est tard, je veux un truc un peu léger, croustillant, je passe, c’est-à-dire je glisse jusqu’à l’article plus bas. Qui est un témoignage sur le même sujet dont le titre affirme que lorsqu’ils n’ont pas de travail, les aiguilleurs « peuvent rentrer chez eux ». Moi pas, tiens, les vaches. Ça aurait pu commencer à m’énerver1 – mais non, toujours pas intéressée, et je descends encore.  Voici un troisième, toujours à propos de tours de contrôle, mais de fond, celui-ci, l’article, apparemment : décidément, avec cet acharnement, ça doit être grave cette histoire, … je commence à devenir tendre comme un poil de barbe sur lequel deux lames de rasoir seraient déjà passées, une pour sommer le poil de se tendre, l’autre pour prévenir que la troisième va enfin réussir à déloger cet intrus de manière à ce que la jungle qui s’était installée sur les joues de mon homme laisse de nouveau place au terrain glabre et doux où je pourrai poser amoureusement quelques tendres baisers clandestins… Bref, ma main allait finir par cliquer sur l’article en question lorsque un quatrième attire encore mon attention : « Vous ne foutez rien ! » Promesse d’engueulade et de bons mots, voilà l’accroche marrante qui me servira demain à alimenter les trous de la conversation avec mes collègues qui en auront peut-être lu plus, sans me prendre pourtant trop de temps : je fonce.

Malheureusement, l’enregistrement audio de cet échange tour de contrôle/pilote s’avère vite sans intérêt : un pilote s’engueule avec un contrôleur sous des gloussements idiots de quelques personnes inconnues qui écoutent elles-aussi le même enregistrement que moi. Aucune conclusion à en tirer d’un côté comme de l’autre, sinon pour quelques excités déjà tondus comme on peut en lire par-ci par-là dans des commentaires qui semblent pourtant globalement partager ma consternation ; déception, perte de temps, retour en arrière …pour tomber sur le sondage :

SondageFigaro

C’était donc là où ils voulaient en venir ? En webmarketing on appelle tunnel de conversion le parcours qui mène de la fiche produit jusqu’à la confirmation de l’achat. Si je regarde bien ce qui vient de m’arriver subrepticement, je viens donc d’être prise presque à mon insu, dans un tunnel de conversion idéologique, qui donne si l’on regarde la page d’un peu plus haut :

Un tunnel de conversion idéologique du Figaro

Un tunnel de conversion idéologique du Figaro

Quant à répondre au sondage, moi qui crois encore bêtement que mon avis ne se donne pas à la première question qui se pose devant moi comme je ne donne pas mon corps au premier venu, je m’abstiendrai pour ce soir, mais quelque chose me dit que tout ce travail de la rédaction n’a pas été vain… Réponse :

ResultatsAiguilleursGagné ! Bon travail, gentlemen …

Partager :
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Mixx
  • Google Bookmarks
  • email
  • FriendFeed
  • Live
  • Netvibes
  • PDF
  • Technorati
  • Wikio FR
  1. Malgré l’abstract dévoilant que l’interviewé semblait plutôt prendre la défense des aiguilleurs, qu’en bonne lectrice-fainéante je ne lirai pas, pour me contenter du titre bien plus aguicheur ; toi, tu lis les notes, lecteur, bravo ! []

Tags:

Laisser un commentaire

Image CAPTCHA